Réussir un échange vers le bas en toute simplicité

S’appuyer sur la baisse comme moteur de profit, voilà une idée qui n’a rien d’un réflexe naturel. Pourtant, dans l’univers du trading, miser sur la chute peut s’avérer tout aussi rentable que d’accompagner la hausse.

Sur les marchés financiers, il existe deux façons de tirer parti des variations de prix : parier sur une montée ou anticiper une descente. Fait notable, les mouvements à la baisse s’emballent souvent plus rapidement que les progressions haussières. De là, certains traders spécialisés préfèrent vendre à découvert, séduits par la vitesse et l’intensité des corrections.

Les statistiques ne mentent pas : un titre évolue en tendance un peu plus de 30 % du temps. Le reste ? Un marché qui patine, hésite, oscille sans véritable direction.

Comprendre comment repérer et négocier une tendance baissière n’est donc pas un luxe, mais une compétence qui ouvre de réelles fenêtres de tir.

Dans les lignes qui suivent, on s’attarde sur la définition d’une tendance baissière, ses signes distinctifs et les leviers pour l’exploiter à bon escient.

Qu’est-ce qu’une tendance baissière ?

Une tendance baissière, c’est lorsque le prix d’un titre décroît sur une période donnée, caractérisé par une succession de sommets et de creux toujours plus bas.

Tant que le marché ne s’inverse pas, le mouvement se poursuit. L’évolution dépend de la confrontation entre ceux qui souhaitent vendre et ceux qui envisagent d’acheter. Dès que le rapport de force s’équilibre ou se retourne, la tendance peut s’essouffler.

À retenir : une tendance baissière se compose de deux types de vagues de prix. Voici de quoi il s’agit :

  • Impulsion
  • Correction

Imaginez ce cas concret : le titre de la société A passe de 13 $ à 12,50 $, remonte légèrement à 12,75 $, puis dégringole à 11,75 $. Chacun de ces mouvements dessine une vague. Les phases d’impulsion, comme celle de 12,75 $ à 11,75 $, marquent un recul marqué, tandis que les corrections sont plus contenues (12,50 $ à 12,75 $).

Les tendances se structurent au fil de ces alternances : si la phase d’impulsion s’oriente vers le bas, puis qu’une correction intervient à la hausse, la dynamique globale reste négative.

En bourse, la baisse continue tant que la pression vendeuse domine et que les hausses correctives ne suffisent pas à renverser la vapeur.

Principales caractéristiques d’une tendance baissière

Plusieurs signaux permettent de repérer facilement une tendance à la baisse sur un graphique, comme le montre l’exemple ci-dessous :

Pics inférieurs et creux

Les tendances baissières se reconnaissent à une suite de sommets décroissants et de creux de plus en plus bas, comme le souligne le graphique précédent. Un pic, c’est le point culminant entre deux cycles, tandis que le creux marque le repli le plus prononcé.

À la différence d’un pic lié à une phase d’expansion, le creux s’accompagne d’une contraction : ralentissement de l’activité, baisse des ventes, suppressions d’emplois, montée du chômage. Ce sont les marqueurs d’un cycle économique en repli.

Autre point à garder en tête : ces tendances ne se limitent pas à un horizon unique. Elles peuvent se développer sur des graphiques intrajournaliers, quotidiens, hebdomadaires ou à plus long terme.

Catalyseurs liés à l’actualité

Certains événements jouent le rôle de déclencheurs capables de précipiter une action dans une spirale négative. Prenons l’exemple des actions liées au CBD : l’adoption du Farm Bill aux États-Unis, qui a légalisé la culture du chanvre industriel, a dopé l’intérêt pour ces titres.

Pourquoi ? Parce que cette législation ouvrait la porte à la légalisation du cannabis médical et récréatif, provoquant une envolée des actions du secteur. À l’inverse, une nouvelle défavorable, par exemple, un rejet de la légalisation, aurait eu l’effet inverse, entraînant une correction brutale. Les investisseurs délaissent alors massivement la valeur, seuls quelques irréductibles continuent d’acheter.

Les changements de direction, publications de résultats ou modifications dans la gouvernance d’une entreprise peuvent également agir comme déclencheurs de tendances baissières.

Hausse du nombre de participants au marché

Lorsque le cours d’un titre décroche, on observe une augmentation du nombre de vendeurs, signe que l’offre surpasse la demande. À mesure que de nouveaux intervenants jugent la baisse temporaire, certains tentent de profiter du point bas pour acheter, ce qui finit par rééquilibrer progressivement le marché.

Comment négocier une tendance baissière

La dynamique baissière touche tous les actifs, sur toutes les unités de temps. Les traders s’y attaquent aussi bien sur des horizons très courts (graphiques en ticks ou à la minute) que sur des périodes bien plus longues (quotidiennes, hebdomadaires, voire mensuelles). Les mêmes règles s’appliquent, quels que soient le support ou l’horizon choisi.

Concrètement, un trader qui analyse un graphique à la minute va cibler des mouvements brefs, tandis qu’un investisseur s’intéressant à un graphique hebdomadaire visera des positions à plusieurs mois. Beaucoup restent focalisés sur les tendances haussières et négligent la baisse. Pourtant, il existe de vraies opportunités pour ceux qui savent repérer des sommets et des creux déclinants. C’est là que se nichent de nouvelles configurations à exploiter.

Outils

Plusieurs instruments permettent de repérer et d’analyser une tendance baissière. Parmi eux, le screener d’actions s’avère utile : même s’il ne comporte pas de filtre dédié à la baisse, il propose des fonctions comme Day Gainers, des indicateurs techniques (moyennes mobiles, indice de force relative) ou des critères fondamentaux. Le volume et la volatilité restent aussi des alliés pour détecter les replis.

Le graphique linéaire offre une lecture claire des tendances : il suffit de comparer plusieurs périodes. Repérez les alternances de pics et creux pour confirmer la direction du mouvement.

Tracez des lignes de tendance sur votre graphique : reliez les points hauts pour visualiser la résistance, ou les points bas pour matérialiser le support. Ces lignes donnent une idée précise de la vitesse et de la direction du mouvement de prix.

L’indice directionnel moyen (ADX) mesure la force du mouvement, aidant à décider si une position vendeuse se justifie. Plus l’ADX est élevé, plus la tendance est affirmée.

La vente à découvert consiste à emprunter un titre pour le vendre aussitôt, avec l’objectif de le racheter plus bas. La différence entre le prix de vente et le prix de rachat constitue le gain potentiel.

Pour optimiser ce type d’opération, mieux vaut viser la vague corrective, c’est-à-dire la phase de rebond temporaire. Les niveaux de retracement Fibonacci aident à repérer l’endroit où la correction s’arrête et où la baisse peut reprendre. Attendez que la remontée s’épuise avant d’initier une position vendeuse.

Gérer le risque reste primordial : placez systématiquement un stop loss. L’objectif ? Sortir dès que le prix franchit un seuil défini, pour limiter les pertes. Pour empocher un gain sur une position vendeuse, il suffit que le titre soit racheté à un prix inférieur à celui de la vente initiale.

Conseils pour trader la baisse

Voici quelques recommandations à garder à l’esprit avant d’agir :

  • Observez si le prix tente de rejoindre un sommet antérieur sans parvenir à le dépasser. Ce signal traduit souvent un essoufflement de la demande et peut annoncer une nouvelle baisse.
  • Utilisez les plus hauts précédents pour positionner vos stops de sécurité.
  • Surveillez la cassure d’un plus bas récent pour valider la poursuite de la tendance baissière.
  • Encaissez vos gains lorsque le prix casse nettement sous le dernier point bas, et ajustez vos stops sur le sommet précédent pour sécuriser la position.

Réflexions pour la suite

Certaines erreurs restent à éviter absolument.

Premier piège : aller à l’encontre de la tendance majeure sur des unités de temps élevées. Cela conduit souvent à s’exposer à la baisse sans véritable raison d’achat. Autre écueil : engager des montants disproportionnés. Les tendances ne durent jamais éternellement. Même si le potentiel de gain séduit, risquer l’ensemble de son capital sur une opération n’a rien d’une stratégie durable.

Ce conseil vaut doublement si vous débutez ou gérez un petit portefeuille. Évitez de miser gros d’emblée. Démarrer prudemment, c’est s’offrir le temps de comprendre les mécanismes du marché et d’accumuler de l’expérience. Vous pourrez ensuite augmenter vos positions avec davantage de discernement.

Enfin, ne négligez jamais l’apprentissage continu. Trader exige de rester informé, d’analyser les évolutions du marché et de s’entourer de profils plus aguerris. Ceux qui prennent le temps de se former et de partager leurs expériences gagnent en confiance, en lucidité, et souvent en résultats.

Dans cet univers où la baisse n’est jamais anodine, savoir surfer sur la vague descendante, c’est s’offrir une arme de plus. La prochaine fois que le marché vacille, serez-vous prêt à agir au bon moment ?

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