Les meilleurs groupes de musique bretonne

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Le 19 juin, Breizh Anok, quatrième album de Chimoneurs de menhirs, un groupe mêlant musique traditionnelle bretonne et punk-rock. Loran, ex-Béruriers noirs et guitariste actuel Chimney, revient sur sa carrière et l’état d’esprit du groupe…

Bretons : Diriez-vous que vous êtes Breton ? Loran : Je suis un résident de Bretagne. Je ne dirais pas que je suis Breton parce que je suis fier d’être un étranger, je suis un étranger éternel. Je viens d’une famille de réfugiés grecs. Nous avons atterri à Reims à un moment, puis à Paris, en banlieue, parce que tout le monde y atterrit, c’est un carrefour. Dans les premiers concerts, un jeune druide avec un petit look rock s’est présenté à moi. « Connaissez-vous la prophétie des druides en Bretagne ? Seuls les étrangers rendront la Bretagne libre ! Bienvenue Loran ! » Je l’ai trouvé excellent ! C’est ce qui fait la différence entre la Bretagne et la France. Imaginez en France : les étrangers rendront la France libre ? Là, le Front national est pulvérisé à la racine. Il y a quelque chose c’est mal compris. Les gens pensent que les gens proches de leurs racines, de leurs traditions, sont des nationalistes xénophobes. C’est tout le contraire. Je pense que quand vous êtes près de vos racines, vous êtes ouvert aux racines des autres. Je pense que les personnes qui sont racistes, qui ne supportent pas les racines des autres, sont des personnes qui vivent au-dessus du sol, n’ont pas de racines. Quelque part, le racisme vient du déracinement.

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Vos concerts sont-ils intergénérationnels ? Pour moi, un concert est une cérémonie. C’est-à-dire, tout le monde, avec leurs différences, qui vivra un moment ensemble, l’émotion, la transpiration ensemble, se toucher, boire et baver tous ensemble. Et puis tout le monde rentrera à la maison avec ses différences. Mais nous aurons au moins appris pendant cette période que nous sommes capables de passer un bon moment ensemble quand nous sommes tous différents. Le rôle du barde est de fédérer la tribu. C’est exactement ce qu’on fait. Louise Ebrel (chanteuse traditionnelle qui intervient auprès du groupe, éd.) est un briseur de mur. Il pulvérise les murs entre les générations. Parfois, elle met ses arrière-petits-fils sur scène. Quatre générations ! Elle ne fait aucune concession dans sa façon de chanter, et je ne fais aucune concession dans ma façon de jouer. Je ne vais pas ciller ma guitare. J’ai mon son, ils me reconnaissent. C’est la vraie osmose. Ce n’est pas de la soupe. On ne dilue pas. C’est pur. Et c’est précisément parce que c’est pur, que vous êtes de vrais éléments, que lorsque vous mélangez, c’est autre chose. C’est de l’alchimie.

Ton nouvel album est Breizh Anok. Qu’est-ce que ça veut dire ? Anok, c’est le mot argot londonien qui veut dire anarchie. Notre premier album a été le premier affrontement entre punk-rock et musique bretonne. Nous confirmons avec un deuxième album. Et ici, c’est bon, nous avons montré que la tradition punk-rock et bretonne, en osmose pure, donne quelque chose. Ensuite, nous montrerons que les gens qui sont bons dans leurs racines sont également ouverts à ceux des autres. Dans Tan ar bobl, le troisième album, nous prenons traditionnel Touaregs, Kabyle, Palestinien, Grec… Le nouvel album, nous l’a fait avec la bagade de Quimperlé. Nous prenons les traditionnels avec eux. Mais nous utilisons aussi le punk-rock traditionnel. Nous ramassons des pièces du mouvement Crass, l’un des premiers groupes anarcho-punk. C’est un bel hommage au mouvement punk-anarchiste et à la culture bretonne.

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Retrouvez le reste de cette interview dans le magazine Bretons n°133 de juillet 2017.

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